31/10/2008

Début de la diffusion de la série Clara Sheller en novembre

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Premières images des "BoboNobos", la nouvelle mini-série d'Alain Berliner.
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10/03/2008

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01/03/2008

Sortie du DVD "J'aurais Voulu Etre un Danseur" en location le 06/03/2008 et en vente début avril, en France et en Belgique.

08/07/2007

Alain Berliner réalise la 2e saison de la série française "Clara Sheller" pour France 2
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Le Mur - Interview

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 Quelle a été votre réaction lorsqu'on vous a proposé de participer à cette collection ?
   Je me suis d'abord demandé ce qui pouvait représenter la Belgique à travers ce réveillon de l'an 2000. La question du bilinguisme s'est tout de suite imposée. J'avais très envie de faire un film politique. C'est un problème qui rythme la vie quotidienne et politique de la Belgique depuis à peu près 70 ans maintenant, depuis que les Flamands ont commencé à revendiquer une identité culturelle. Ce mouvement s'est accompagné d'une montée en puissance économique de la Flandre au moment où la Wallonie, terre d'industrie lourde très prospère à la fin d u siècle dernier et au commencement de celui ci, a commencé à péricliter. Les Flamands, eux, avaient développé des industries de service qui ont mieux résisté, d'autant que cela se doublait d'une politique beaucoup plus agressive et beaucoup plus ouverte sur le monde. Les Wallons étaient plus refermés sur eux mêmes, persuadés que la culture française leur permettrait de garder leurs privilèges éternellement. De nos jours, à Bruxelles, où je vis, ces deux mentalités tellement différentes sont quotidiennement à l'oeuvre. J'avais envie d'en rendre compte dans le contexte de la commande qui m'était faite.
 La scission de la Belgique telle que votre film la décrit est elle inscrite dans l'évolution politique actuelle de ce pays ou est ce une simple hypothèse de votre part, un "pavé dans la mare? »
   Je voulais provoquer, mon film est une mise en garde. Il n'y a pas si longtemps, j'aurais dit que c'était une pure fiction, mais depuis que nous avons tourné ce film, un certain Léo Petters a ravivé cette guerre linguistique de façon assez forte. Prenons le statut de Bruxelles, qui est une ville francophone située à l'intérieur du territoire flamand, mais dont 80 % de la population est francophone et un quart immigré. Beaucoup vivent dans des "communes à facilités". Ce sont des communes, qui, comme Bruxelles, sont en territoire flamand, mais où l'on a accordé des "facilités" à l'énorme majorité des francophones qui vivent: ainsi, s'ils font la déclaration de leur francité, ils peuvent obtenir leurs papiers (déclaration d'impôts, etc...) en français, sinon ils les reçoivent en flamand. Or, au moment où je vous parle, certaines phrases du film relatif à ce statut ne sont plus de la fiction. Lorsque la journaliste demande au Premier Ministre : "Certains de vos collègues flamands remettent en cause les communes à facilités", c'est exactement ce que ce ministre a fait alors que ces avantages sont inscrits dans la Constitution. C'est une façon de dire que ces "communes à facilité" sont un régime transitoire et que les francophones qui en bénéficient doivent en réalité s'assimiler. Pourtant, dernièrement, la région flamande a fait faire un sondage auprès des flamands pour savoir s'ils désiraient vraiment la séparation avec la Belgique et seuls 10% d'entre eux ont répondu positivement. Reste donc dans ce pays un désir unitaire mais qui est plus celui des gens que celui des politiques. Nous assistons à un règlement de comptes entre castes, entre élites, dont l'enjeu communautaire semble être le levier idéal.
 Dans le film, le surréalisme, le réalisme magique, sont les moyens mis en oeuvre par la fiction pour lutter contre la bêtise, l'intolérance. C'est aussi une tradition profondément belge, qui forcément vous touche en tant qu'artiste. Pourriez vous en dire plus?
   La Belgique est un plat pays, le ciel y est très bas, il y a très peu d'horizon et l'imagination est là pour inventer un espace qui n'existe pas. Ca me plaît de penser qu'un certain courant artistique y a trouvé son inspiration. L'autre réflexion, c'est qu'un régime totalitaire peut arriver à contraindre, à intimider, mais pas à contrôler entièrement un homme, car son esprit reste un espace inaliénable où vient justement se nicher l'imaginaire. C'est cette brèche que le film explore.
 Le Mur renvoie à celui de Berlin, bien sûr, un choix plutôt provocateur à l'heure où les frontières disparaissent...
   Le film traite un peu d'une tendance fascisante... Le mur existe déjà virtuellement. Ainsi y a t il en Belgique des règles qui interdisent à des chaînes de télévision d'émettre dans l'autre communauté. Les télévisions communautaires françaises ne peuvent pas émettre en Flandre et réciproquement, ce qui va totalement à l'encontre de toutes les directives européennes et pourrait être perçu comme discriminatoire. Je pense donc qu'il faut rester vigilant et cette aberration du mur est là pour le souligner. C'est une histoire qui se passe dans un pays où les points de vue sont tellement inconciliables que les gens n'arrêtent pas de se rentrer dedans. Or,je suis sûr quesions'attaquaitàla cause de ces dissensions, qui reste l'oppression de la population flamande, à un moment de notre histoire, par la population francophone, et si on arrivait à reconnaître une forme de responsabilité historique et à l'intégrer, on pourrait enfin tourner la page.
 Par rapport à votre carrière et à ce que Ma vie en rose à représenté, quelle est la place de ce film ?
   On a tourné ce film en deux fois moins de temps que Ma vie en rose, avec dix fois moins de budget et dans des conditions assez compliquées. Mais d'une certaine façon, il n'y a pas eu de contraintes, bien qu'il s'agisse d'une commande: ARTE est une chaîne qui bise les réalisateurs s'exprimer, j'ai pu m'aventurer dans des territoires et risquer des mélanges, choses que je n'aurais sans doute pas pu faire dans un deuxième long métrage. Ce film, de ce point de vue, est expérimental, dans le sens où il m'a permis d'explorer des choses que je n'aurais pas abordées autrement et ce, sans crainte, sans pression. Cela m'a aussi beaucoup plu de faire un deuxième film sans moyens. Mon premier film avait coûté cher, je ne voulais pas être pris au piège de l'image du réalisateur "coûteux". Le paradoxe, c'est que les restrictions budgétaires aboutissent à plus de liberté. Quand on a beaucoup d'argent pour faire un film, l'enjeu est tellement plus grand que ça restreint la marge de manceuvre...
 Qu'est ce que c'était, l'an 2000, quand vous étiez enfant ?
   Je pense que c'est plutôt le passage des années 70 aux années 80 qui m'a marqué, où l'on s'attendait à ce que tout change et où rien n'a changé. L'an 2000 sera du même acabit, il existe dans nos têtes. Il n'existe pas ailleurs...